Introduction

 

Ma passion pour les chevaux dès mon plus jeune âge m'a amené à effectuer cette recherche, qui a pour objet l'origine et l'évolution du Pur Sang Arabe Tunisien, depuis la création des Haras de Sidi-Thabet en 1880 jusqu'à la période actuelle.

Dans un premier temps, les principales périodes-clé de l'histoire de cette race seront brièvement présentées. Les produits les plus connus seront ensuite décrits : origine, performances, descendance…

 

I.                   Bref historique du pur sang arabe en Tunisie.

On peut découper l'histoire du pur sang Arabe en quatre grandes périodes.

I.1. De 1880 à 1956

Durant cette période, et sous l'égide des Etablissements Hippiques Coloniaux de l'Afrique du Nord, les Français ont crée les haras de Sidi-Thabet à Tunis, Thiaret en Algérie et Meknass au Maroc.

 En France, le haras de Pompadour gérait la permutation des étalons et le placement des poulinières dans ces divers Haras. En 1956, les Haras Nationaux Tunisiens, héritiers légitimes de E.H.C.A.N, bénéficieront de 76 années de sélection et de recherche d'amélioration de la race effectuées par les autorités coloniales. Quatre -vingt trois têtes formeront ce troupeau, nombre insignifiant après 76 ans d'élevage, mais de bonne qualité, tirant ses origines du Moyen-Orient et d'Egypte. Je définirai comme Matrones les poulinières nées entre 1862 et 1891, issues de parents non-connus (Desert Bred), à l’origine de ces 83 têtes. Elles sont au nombre de six : Samaria née en 1862 hérité de l’haras de Pompadour, Wadha (1874) et Cherifa (1889) de l’haras de Tiaret, Dolma Batche (1869), Yamouna (1889) et Mzeirib (1891) des haras Sidi Thabet et Sidi Ali. Ces six matronnes ont été relayées par douze Mères-sources qui ont été rejoint par les trois dernières arrivées vers 1940 : Toffaha, Mansourah et Emtayra. Tous les produits Pur Sang Arabe Tunisien tirent leurs origines des quinze Mères-sources : Imina, Salma, Emla, Goussa, Floriane, Lella, Madabia, Dermech, Fraoula, Leffa, Ouaten, Abaka, Emtayra, Mansourah et Toffaha.

Aucune poulinière, aucun étalon des Pur Sang Arabes arrivés en Tunisie durant la campagne d'Okba Ibn Nafaa ne participeront à l'édification de la race. Godoplphin Arabian, cheval né et élevé en Tunisie, offert au Roi de France par le Bey de Tunis, a eu plus de chance grâce au Lord Godolphin, qui l’avait acheté au service de voiries de Paris, l’avait fait courir en Angleterre et fait de ce cheval un des cinq étalons piliers de le race Pur-Sang Anglais.

 

I.2. De 1956 à 1970

C'est la période du décollage de l'élevage de la race pur sang arabe en Tunisie avec l'avènement de l'indépendance, la proclamation de la république et la reprise en main des Tunisiens de leur propre destinée.

La loi de 1961 instituant le Stud Book Tunisien, la loi du 12 Mai 1964 proclamant l'expropriation des colons (JALAA ZIRAII), la restructuration des Haras Nationaux et de la Société des Courses, vont favoriser l'arrivée de nouveaux éleveurs Tunisiens. La production annuelle passera de 10 têtes en 1956 à 82 produits en 1970, le nombre de poulinières en service de 47 à 161 poulinières, le nombre d'étalons de 11 à 17.

A cette époque, trois chefs de race s'affirmeront de manière indéniable : Ibn fils de Dynamite II et Gafir, Esmet Ali Hazil et Arabelle, de la mère-source Imina et Misk Chetoui et Soukria, de la mère source Emtayara, l'une des dernières poulinières importées après la deuxième guerre mondiale, avec les juments Mansourah et Toffaha.

 

 

I.3. De 1970 à 1998.

A peine sortie de l'expérience socialiste, la Tunisie entame une ouverture économique et sociale sur le monde. Les institutions sont renforcées. La Société des Courses se dote d'un nouveau statut. Les Haras Nationaux acquièrent davantage d'autonomie en devenant La Fondation Nationale d'Amélioration de la Race Chevaline en 1988. Le secteur privé agricole prend son envol avec l'institution de l'Agence de Promotion des Investissements Agricoles. Des facilités significatives ont permis d'augmenter sensiblement le nombre d'éleveurs.

Vingt cinq ans après l'arrivée de l'étalon Hazil d'Algérie, les étalons Azem et Ragheb seront importés d'Egypte par les H.N. en 1975. Ils seront suivis par d'autres étalons arrivés du même pays tel que Marhabtine, Safeer Albadeia, Ibn Ikhnatoon et Faisal Albadeia. Le prix de leurs saillies étant encourageant, ils auront des preneurs parmi les éleveurs. 

A la fin de cette période, le nombre annuel de naissance de poulains/pouliches dépasse les 200, la concurrence se fait plus rude au champ de courses de Kassar-Said. Le record de piste des 1700 m est descendu au dessous des 2 minutes. Des chevaux de très grande qualité émergeront, allant jusqu'à nous faire oublier leurs géniteurs : Samir et Chahata assureront la pérennité de la mère source IMINA Akremi et Halim, celle de OUATEN, Zeidoun celle de ABAKA et Sour celle de MADABIA.

Les trois chefs de race Ibn, Esmet Ali et Misk seront donc relayés par Samir,Chahata, Akremi, Sour, et enfin Zeidoun. Ils seront les futurs chefs de race du XXI e siècle.

 

I.4. de 1998 à nos jours

 

Le record absolu du nombre des produits sera réalisé en 2001, avec 359 naissances et il sera probablement dépassé en 2005. A la saison de monte 2004, tous les boxes (environ 400) du haras de Sidi-Thabet ont été occupés, sans oublier ceux des haras de Raccada, Meknassy et Ben Guerdane ainsi que ceux des différents éleveurs privés.

Le nombre de poulinières en service (130 en 1998), vient de dépasser les 600. Les étalons dits" occidentaux" tels que Manganello, Sarki d'Espiens, Hajjam Vent Dredy, Faradjala, Farouk al Mels, Saint-Faust,  Hakim du Back, Jesroy De Chaillac et Gitpen sont actuellement en service par monte naturelle.

La technique de l'insémination artificielle a été autorisée en 2001.  C'est ainsi que des paillettes d'étalons de renommée mondiale ont été importées en Tunisie : Dormane, Tornado de Syrah, Barrour de Cardonne, Al Sakbe,Magic de Piboul, Darike, Moussem, Tidjani, Amer, Djendel......

 

Nous allons à présent développer chacune de ces périodes.